Zones de calme à Lacroix-Laval et Parilly: le laboratoire lyonnais du bruit
Dans la métropole de Lyon, des zones dites de calme sont déployées comme expérimentation dans le cadre du Plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE). Quatre zones ont été aménagées à l’été 2024 sur le domaine de Lacroix-Laval, à Marcy-l’Étoile, et trois autres zones testent l’espace vert du parc de Parilly, dans l’est lyonnais. Le mobilier et les aménagements visent à offrir un espace propice au ressourcement, au calme et à la pratique renaturante comme le yoga ou la lecture.
Sommaire
- Zones de calme à Lacroix-Laval et Parilly: le laboratoire lyonnais du bruit
- Conception et ambiance
- Mesure du bruit et ressenti
- Évaluation et limites
- Budget et objectifs
- Vers une généralisation?
Conception et ambiance
Les zones de calme privilégient l’intimité autour de petits groupes: hamacs, cocons en bois et bancs rustiques permettent de se ressourcer sans attirer les foules. Les lieux choisis pour leurs basses nuisances sonores se veulent des espaces où règnent la nature et le silence ressenti, plutôt qu’un silence absolu.
Mesure du bruit et ressenti
Selon Acoucité, l’observatoire environnement sonore, la moyenne enregistrée sur le domaine de Lacroix-Laval est de 38,9 dB, bien en dessous des niveaux urbains habituels qui dépassent souvent 60 dB. Le responsable précise que, tout comme pour la chaleur ressentie, il existe une différence entre la mesure et le ressenti: « Ce qui compte, c’est le ressenti, pas seulement le chiffre ».
Évaluation et limites
Les zones ne sont pas des espaces silencieux: elles constituent des zones de calme — des espaces apaisés mais exposés aux bruits environnants. Le cadre sonore reste variable selon l’emplacement et le trafic routier; à Parilly, le bruit de fond lié à la circulation rend l’atteinte d’un calme durable plus difficile que sur Lacroix-Laval.
Budget et objectifs
Le PPBE consacre une enveloppe d’environ 20 000 euros par parc pour les installations associées, afin de réduire l’exposition des Lyonnais à la pollution sonore. Les cartes de bruit stratégiques indiquent que 8,4 % des habitants du territoire sont exposés à des niveaux dépassant le seuil européen, ce qui motive cette expérimentation en parallèle des mesures urbaines anti-bruit en ville.
Vers une généralisation?
Selon Pierre Athanaze, vice-président de la Métropole de Lyon chargé de l’environnement, les résultats permettront d’en tirer des enseignements et d’envisager une généralisation: les communes pourraient reprendre ce type d’aménagement dans leurs propres espaces verts. Anissa Gleize, responsable des parcs et jardins métropolitains, souligne l’importance de préserver l’intimité des zones pour éviter les regroupements et favoriser une expérience individuelle ou en petit comité.
Un suivi est prévu jusqu’à fin octobre 2025 afin d’améliorer le mobilier et la signalétique, et d’évaluer l’opportunité d’ajouter de nouvelles zones dans d’autres espaces publics. Le projet, qui s’inscrit dans une dynamique plus vaste de reconquête du cadre urbain par le calme, est suivi de près par les acteurs locaux et les habitants.
Source: Lyon Capitale, Acoucité.