Comment j’ai surmonté ma peur de conduire

« Oh ben, j’ai toujours vécu en ville alors je n’en ai jamais vraiment eu besoin ». Longtemps, j’ai caché ma peur de conduire avec ce genre de prétextes. Avant-hier, on ma demandé pourquoi je n’avais pas mon permis, à 31 ans. « C’est parce que tu n’en pas besoin ? » et je me suis entendue répondre « Non, c’est surtout que j’en avais peur ». Pour la première fois je ne me suis pas cachée derrière ma vie citadine ou mes convictions écologiques. J’ai alors réalisé que j’avais fait du chemin. Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de ma peur de conduire à qui je suis en train de dire adieu, doucement mais sûrement. 
conduire quand on a peur

Comprendre d’où vient sa phobie de conduire

La première étape a été surtout de comprendre d’où venait ma peur de conduire pour pouvoir ensuite la déconstruire. C’est quelque chose de simple mais qui m’a pourtant pris du temps. Il y a quelques années je vous ai parlé de mon vertige et de comment je l’ai surmonté. A 28 ans j’avais compris quelque chose qui me semble pourtant évident aujourd’hui : j’ai hérité des peurs de ma mère. Ma mère a le vertige donc moi aussi, et depuis un accident de voiture, survenu quand j’avais 8/9 ans, elle a une peur phobique de l’autoroute. J’ai principalement grandi avec ma mère, elle a été mon modèle pour construire ma personnalité, mes valeurs, et aussi mes peurs. Je l’ai vue paniquée par la conduite, refuser catégoriquement d’emprunter l’autoroute (tant pis si ça rallongeait considérablement le trajet) et donc, petit à petit, j’ai complètement intériorisé l’idée que conduire, c’était dangereux. 

Déconstruire ses peurs

Maintenant que je savais d’où elle venait, il allait falloir déconstruire cette phobie. C’est une étape très difficile parce qu’après tout c’est pas complètement faux : conduire n’est pas sans risques. J’ai listé tout ce qui me faisait peur au sujet de la conduite, et ai trouvé des parades que j’ai notées en face.
Par exemple :
« j’ai peur des risques qui peuvent survenir à n’importe quel moment » -> « je sais utiliser le freinage d’urgence ».
Cela m’a permis de repérer que mes peurs étaient vraiment liées à l’idée de causer un accident, de pouvoir blesser ou tuer quelqu’un. J’en ai beaucoup discuté avec mon moniteur d’auto-école, on a pratiqué toutes les manières de freiner et de prévoir les risques.
lister peurs permis de conduire

Prévenir ses moniteurs·trices d’auto-école 

Pour mes premières leçons je me suis dit que je devais jouer le rôle de la fille qui n’avait pas peur. Un peu l’idée du « fake it until you make it » qu’on nous rabâche souvent. Ça a fonctionné une journée, jusqu’au premier freinage un peu fort. J’ai fondu en larmes dans la voiture, devant le regard gêné de mon moniteur. Cette première journée aurait été utilisée autrement si j’avais été franche dès le départ, en articulant les exercices autour de ma mise en confiance. J’ai beaucoup regretté de ne pas l’avoir prévenu dès le début. Donc si vous avez peur, un conseil : dites-le dès le départ.

Accepter ses émotions

Je pleure régulièrement en cours de conduite. Et pas que d’ailleurs, je pleure quasiment tous les jours : je suis hypersensible. Parfois quand je conduis je pleure parce que j’ai eu peur, ou parce que je suis fière de moi : ce n’est pas nécessairement quelque chose de négatif. Au départ, j’avais honte, j’essayais de le réprimer un maximum. Et puis ensuite j’ai préféré l’accepter et même en rire : quand je faisais une leçon sans pleurer je le faisais remarquer à mon moniteur ! Quand j’ai changé de moniteur je l’ai prévenu dans les premières minutes « Il arrive que je pleure mais il ne faut pas s’en faire, tout va bien ! ». Et la bonne nouvelle c’est qu’aujourd’hui je ne pleure plus !
accepter ses émotions quand on prépare le permis de conduire

La visualisation positive

C’est quelque chose que je pratique de plus en plus dans plein d’aspects de ma vie et qui fonctionne vraiment très, très bien. Avant de partir à une leçon de conduite, je prends 5 à 10 minutes, je ferme les yeux, je m’imagine au volant. Je me vois faire mes réglages, mettre la voiture en route, je suis à l’aise et conduis bien. J’entraîne mon cerveau à faire le lien entre conduite et confiance plutôt que conduite et méfiance. Les effets sont multiples, mais le plus visible est que je ne redoute plus mes leçons de conduite : j’y vais détendue et sereine, alors qu’avant ce petit exercice je traînais les pieds en me disant « ça va être horrible et mal se passer ».

Prendre son temps

Au départ, je me comparais beaucoup aux autres. Comme j’ai fait un stage de conduite d’une semaine, j’étais entourée de personnes qui apprenaient les mêmes choses au même moment. Je vivais mal le fait de faire des progrès plus lents qu’eux. Jusqu’au jour où j’ai compris que ces comparaisons ne me procuraient que de la frustration et une certaine méchanceté envers moi même. A l’heure actuelle j’ai pris 30 heures de conduite, et ne suis toujours pas à l’aise pour passer mon permis. Je sais que je vais devoir y consacrer un budget, je sais aussi que c’est important de le passer à mon rythme et d’être patiente. 
bienveillance permis de conduire

Se féliciter des progrès réalisés

On passe beaucoup de temps à s’auto-critiquer, mais finalement assez peu à s’auto-congratuler ! Je rentrais de mes leçons énervée contre moi parce que j’avais fait telle ou telle faute. C’est important d’être bienveillant envers soi-même, de se rendre compte de tous les progrès qu’on a a fait depuis le début de son apprentissage, voire de les lister. Ça permet de comprendre que même si certaines choses sont encore difficiles il y a forcément des progrès d’une leçon à l’autre

Rester motivé·e

roadtrip amies

Pour me garder motivée, je pratique aussi la visualisation, j’imagine ce que je ferai quand j’aurai le permis !

Top 5 des choses que je ferai quand j’aurai mon permis : 

  1. Le fêter et pas qu’un peu (sans reprendre la route derrière bien sûr)
  2. Me faire un beau cadeau (sans doute un nouvel appareil photo)
  3. Faire un roadtrip entre copines
  4. Faire un tour d’Italie en voiture avec mon copain
  5. Accepter plus de mariages en tant que coiffeuse parce que je pourrai m’y rendre

Allez, la route est encore longue mais j’y crois !!

passer son permis phobie

Si vous êtes intéressé·e par le sujet, je vous conseille cet article génial et très intéressant signé Bambichoses, qui a eu son permis à 33 ans. Bravo à elle !

Et vous, vous avez le permis ? Ça a été difficile ? 

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