Rencontre avec Marlène, graffeuse lyonnaise !

J’ai rencontré Marlène dans le cadre d’interviews que je réalise avec le magazine féministe et lyonnais Cacti. Au début, elle n’était pas très à l’aise puis petit à petit, elle s’est révélée face caméra, elle nous a parlé de son parcours de graffeuse, de son engagement féministe. Forcément, j’ai eu envie de la rencontrer à nouveau, loin des caméras, juste avec mon dictaphone et j’ai passé un super moment !

Marlène, qui es-tu ?

J’ai 28 ans, j’ai grandi à Rillieux-la-Pape. A 22 ans, je me suis installée dans le quartier de Perrache où j’ai commencé mon école de peinture murale. En 3 ans, je suis sortie première de ma promo ! Mais c’était pas gagné car j’avais vraiment beaucoup de lacunes ! La première année a été vraiment dure pour moi, j’avais énormément de difficultés en dessin. Techniquement, j’avais beaucoup de mal. Quand certains me lancent « tu as un vrai don » je leur réponds qu’ils n’imaginent pas tout le travail que ça a été !! J’ai pas lâché l’affaire, et en 2015, je me suis mise à mon compte et je réalise des fresques pour des professionnels ou des particuliers. 

Et le graffiti dans tout ça ?

J’ai commencé le graffiti dans les années 2010. La première fois, c’était à Nice ! J’étais avec un copain qui s’y mettait aussi, c’était trop drôle. Je faisais du lettrage à l’époque. M.Dangelo, c’est mon blase. Je peins à la spray, beaucoup dans les pentes où je vis aujourd’hui, au collège Maurice Scève, un lieu abandonné où on est tranquille. Puis partout où je vais et où je trouve un lieu abandonné. Dans un terrain vague, tu es tranquille, tu passes ton après-midi, tu mets de la musique…La prochaine étape est de plus investir la rue ! Quitter le confort des terrains vagues pour me frotter à cette adrénaline ! Déjà il faut faire ça la nuit et puis il faut être rapide ! C’est ça le vrai graff !! 

J’ai toujours aimé la culture du graffiti, je fais du breakdance depuis 10 ans, c’est lié forcément. Le hip-hop. Je suis de temps en temps sous les arcades de l’Opéra. Je fais partie des Tekken Crew, je suis la seule fille dans l’équipe !

Parle-nous de tes « créatures » !

J’ai toujours préféré dessiner des femmes ! Je ne sais pas trop d’où ça vient mais c’est comme ça, j’aimerais bien dessiner des hommes un jour mais pour l’instant c’est comme ça. J’aime représenter ces femmes, que j’appelle les créatures, en allant à l’encontre des standards de beauté. Je prends volontairement un côté décalé et exagéré par rapport à ce que nous impose la société. Elles ont plusieurs couleurs de peau, souvent des flèches plantées dans le corps, car ce sont des guerrières !! Elles sont rarement minces, elles sont fortes au sens propre comme au sens figuré ! 

J’admire beaucoup Frida Kahlo. Je plante souvent des flèches dans les corps de mes créatures en hommage à l’un de ses tableaux. J’adore ce tableau, il est hyper fort je trouve. J’aime cette artiste qui arrive à dénoncer avec son art, et en tant que femme…Elle était là ! 

Quel regard portes-tu sur les nanas dans le graff ?

Une nana qui graff, ça étonne toujours ! « C’est pas mal pour une femme » : une phrase que j’entends souvent ! Les réflexions ne sont pas forcément méchantes, c’est parfois juste de l’étonnement, mais rien que ça, c’est choquant ! A Zoo Art Show, une seule femme a été programmée… L’égalité homme-femme, faut juste que ça devienne NORMAL

Merci Marlène !

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