La playlist des Lyonnais·es !

Pour notre mois dédié à la musique, nous sommes allées interroger des Lyonnais·es aux goûts sûrs ! On leur a demandé de nous parler de leurs derniers coups de coeur musicaux, de quoi vous concocter une sacrée playlist éclectique !

Gary Ka, développeur web & chroniqueur musical

Starry Night – Peggy Gou

La star actuelle de la musique électronique et de mon coeur ! Elle a même l’honneur d’être la curatrice des Nuits Sonores pour la journée du jeudi. Sur ses titres (comme Starry Night), elle ose mélanger la pop et la disco/house pour un résultat plutôt rafraîchissant et surtout dansant. Je vous conseille de la voir prochainement à NS pour profiter de son dj set étonnant mélangeant house et techno.

Light Years – The National

Comme à leur habitude, The National nous offre une chanson plein de douceur. On connaît leur recette depuis maintenant des années : une mélodie au piano déchirante, la voix de baryton de Matt Berninger. Et ça marche toujours (et ça fait toujours autant pleurer) ! Mention spéciale au clip en noir et blanc avec Alicia Vikander. Ce titre annonce leur prochain album qui sortira à la fin du mois de mai (avec que des guests féminins : Sharon Van Etten, Lisa Hannigan, Mina Tindle et bien d’autres.)

Rainmaking (MAZE REMIX) – Calling Marian

On finit avec une récente découverte. Dimanche soir, j’étais au Reperkusound et à vrai dire, la prog musicale ne m’a pas du tout emballé. 4h du mat, je me dirige donc vers la sortie et arrive à côté d’une petite scène découverte qui m’avait totalement échappé. J’entends des sonorités qui m’ont manqué toute la soirée : de la techno, enfin ! Durant une bonne heure, j’oublie tout et me déchaîne sur les beats acid et dancefloor du live de Calling Marian, une artiste lyonnaise maintenant expatriée à Paris (malheureusement). Elle vient tout juste de remporter le prix du jury des Inouïs du Printemps de Bourges 2019. Artiste forcément à surveiller de près.

Dalya Daoud, rédactrice en chef de Rue89Lyon

Wall’s profound – Tracy de Sà

Ce n’est pas parce qu’elle vit à Lyon et qu’elle est une femme que je choisis de parler de Tracy de Sà, mais bien parce que son album à venir Commotion est une petite tuerie. Elle y fait des grands écarts super assumés entre du rap limite hard core, des volutes de la Caraïbe et de la girl power pop. Ce qui est surprenant et très balaise, c’est que tout est bon à prendre là-dedans, notamment parce qu’elle a un flow de malade et qu’elle est de mieux en mieux produite.

Tears – Boy Harsher

C’est un type de sons qui fonctionnent à fond sur moi, dès lors qu’ils ne versent pas dans leurs propres écueils (juste de la boîte à rythmes et aucune narration). Ici, comme tout est dramatique dans ce duo (leur relation notamment), on est dedans immédiatement. Le bordel, la tristesse, le vague à l’âme, rien n’est fake.

Hustla #1 – Nagaz

Voici Nagaz, une jeune pousse active de la scène alternative marseillaise. Il est originaire de Lyon, je connais le petit gars depuis de nombreuses années, j’ai beaucoup d’affection pour lui et pour tout ce qu’il fait. Je l’ai vu sur scène en première partie des Chevals Hongrois, bien sûr qu’il est là.

Stéphane Duchêne, critique musical pour Le Petit Bulletin

Longtemps – Constance Verluca

Depuis son Adieu Pony de 2007, un truc très pince-sans-rire mêlant chanson et humour noir, on n’avait plus de nouvelles. Et 12 ans plus tard, revoici Constance Verluca avec Longtemps, co-réalisé par le sorcier pop Julien Baer (le frère d’Edouard, un génie trop méconnu). Le truc est plus sérieux mais quelque part plus perché, entre yéyé, pop à la Claudine Longet et envolées orchestrales western et ou psychédéliques.

Valentine – Jonathan Bree

Avec son costume collant intégral, sa voix à la Jarvis Cocker et sa pop précieuse, le néo-Z Jonathan Bree a retourné la Route du Rock l’année dernière. Son album Sleepwalking est une merveille à l’image de Valentine, exercice de crooning libidineux chelou. Roucoulades à tomber, petite guitare surf, chœurs bubble-gum à la limite du flippant. Parfait. Il sera à Feyzin en mai.

The Colony – Vera Sola 

La scène folk canado-américaine féminine est d’une richesse incomparable. Vera Sola en est le dernier petit trésor. Dans une veine folk gothico-western qui rappelle aussi bien Mazzy Star que le Dead Man’s Bones de l’acteur-chanteur Ryan Gosling. D’autant plus savoureux quand on sait que cette jeune fille habitée par mille fantômes est la fille de l’acteur culte de Ghostbusters et des Blues Brothers Dan Aykroyd.

Sarah Fouassier, journaliste & photographe

Liddy – Dope Saint Jude

Cette rapeuse queer sud-africaine est incroyable. Elle est passée récemment à Bizarre, et c’était l’un des meilleurs concerts que j’ai vus cette année. Elle est combative, positive, et elle sait le communiquer à toute une salle. Liddy est l’un des titres de son EP Resilient, son clip vient de sortir. Comme pour le génial Grrrl like, elle a réuni une clique de femmes fortes qui assument leur sexualité et leur pouvoir. Le black power féministe a trouvé sa reine.

My little brother – Art Brut

Dernier concert mémorable en date ! Programmé par Tous en tong au Sonic, ils ont démonté la péniche. Le chanteur et leader Eddie Argos a une personnalité hors norme, beaucoup de ses titres sont tirés d’expériences personnelles qu’ils raconte sur scène avec humour. Le tout agrémenté de cet accent cockney inimitable. Un grand moment.

United States of Horror – Ho99o9

Violente. C’est le mot juste pour décrire cette autre claque vue à l’Épicerie Moderne début avril. Ce duo fait fusionner hip-hop, punk et politique. Ils sont puissants autant dans leurs textes que dans leur façon de le rapper. Sur scène, ils font corps avec ce qu’ils racontent. C’est d’une violence extrême telle une métaphore de la société américaine qui oscille entre racisme, violence policière, oppression, désinformation et capitalisme.

Dum Dum Boys – Iggy Pop

Je viens de me procurer ce vinyle chez Bruno de Dangerhouse (3 rue Thimonnier) et je l’écoute en boucle, et ce titre en particulier qui est un hommage à ses potes des Stooges. Ils ont en partie enregistré l’album dans le mythique château d’Hérouville. Du pur génie du début à la fin. Bowie + Iggy, ça ne pouvait faire qu’éclore un album aux influences diverses, entre kraut, indus, funk. C’est robotique, c’est dark et glaçant. Ça donne des frissons, surtout quand on sait que Ian Curtis aurait écouté cet album la veille de son suicide…

Crusin’ the night – Warm Drag

J’aime le mélange d’influences de ce duo de Los Angeles, c’est une noise hypnotique qui s’est accouplée avec Blondie. La voix lascive de Vashti Windish et la batterie qui tabasse de Paul Quatrone (batteur des Oh Sees) forment le cocktail parfait pour danser tout l’été et rouler les fenêtres ouvertes, musique à fond sur la route des vacances. Leur premier album est une pépite dont je ne me lasse depuis sa sortie. Ils reviennent bientôt à Lyon, et cette fois je vais pas les louper !

Et vous, il y a quoi dans votre playlist ? 

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